Lecture préhistorique des origines berbères selon G. Camps

9000 ans d’histoire…

Plusieurs lectures, anthropologique, culturelle et linguistique pour étayer les origines de ce peuple protoméditerranéen du nord de l’Afrique et ainsi développer la thèse d’un peuple qui ne serait pas venu d’ailleurs mais aurait vécu et se serait maintenu en s’adaptant aux divers changements de ce territoire ainsi qu’aux influences, toutefois mineures, des populations voisines qu’elles soient du Proche-Orient ou du nord de la méditerranée.

Quelques articles à lire sur le site fondé par l’auteur

Des origines berbère in G. Camps

 

G. Camps, « Avertissement », in  1 | Abadir – Acridophagie, Aix-en-Provence, Edisud (« Volumes ») , 1984 [En ligne], mis en ligne le 01 septembre 1989, consulté le 03 juillet 2016. URL : http://encyclopedieberbere.revues.org/765

 

 

accéder à l’article en cliquant sur le lien ci-après:

http://encyclopedieberbere.revues.org/765

Lecture anthropologique : le « don » de Mauss

Alain Caillé nous propose une façon de penser la sociologie qui s’écarte de la pensée « économiste » dominante dans les sciences sociales depuis plusieurs décennies. Cette perspective est incarnée par la revue MAUSS et s’affirme comme une lecture « non-utilitariste » des sociétés. Son point d’ancrage théorique (et empirique) est dans l’oeuvre Marcel Mauss, et notamment dans la théorie du Don.

Published in: on 13 juin 2016 at 14 h 45 min  Laisser un commentaire  

Yennayer 2966

Yennayer 2966 blogA tous nos amis amazigh

Un peu de lectures…

Amazigh Seksawa 2015Lachez prise quelques instants… Un peu de lecture d’histoires venues d’ailleurs, en ces moments de forte activité consummériste ne peut faire que du bien. Plongez au coeur de la culture amazigh, chez les Seksawa du Haut-Atlas marocain.

Au programme, voici mes quatre derniers textes :

  • L’étrange maladie du fiancé
  • Dans la danse des femmes: la promesse de l’aube
  • Souad et Mina
  • Dans les larmes d’un sage

Choisissez « Ethnographie Berbère » dans le menu NOTES & ARTICLES ci-contre >>>       Bonne lecture et à bientôt

L’étrange maladie du fiancé

Jean-Claude Thiery – Angers, 31 octobre 2015

 

Émotion et sensibilité participent des manières d’être au sein d’une communauté villageoise ou familiale. Inscrites au plus profond de la personne, elles n’en sont pas moins des éléments de la culture qui inspirent des façons de faire partagées. Elles s’agrègent à tout moment et en bien des circonstances. Elles trouvent leurs lieux d’expression dans les événements de la vie de la communauté, tels les implorations saisonnières à la sainte Lalla Aziza, les fêtes religieuses, les mariages, les fiançailles, etc. Chaque fois l’émotion est vive, la sensibilité de tous est à l’épreuve. Les chants et danses des ahwach, la dramaturgie de Bilmawen, les tumultes de la rivière enceinte, et aujourd’hui, la maladie du fiancé, sont les terrains porteurs de cette dimension personnelle qui soude plus encore la tribu des Seksawa et la carractérise.

 

Cadeau Monton_fiançaillesLe fiancé n’est pas en forme. Je suis malade, dit-il en français, avec un accent qui me porte autant à en sourire qu’à le plaindre. Les jours passent, la date des fiançailles approche. J-2. Dans la maison de ses parents, les cadeaux arrivent heure après heure, ils sont exposés dans le grand salon devant le mur peint d’un très grand paysage d’eau, de fleurs et de végétation paradisiaque. À peine déposés qu’ils sont déjà l’objet d’admiration, source des joies du moment. Je suis malade, dit-il encore, le regard hagard, la main sur le cœur. Les heures défilent lentement. Tous sont impatients. (suite…)

Dans la danse des femmes : la promesse de l’aube

Bilmo dans le douar de ZinitJean-Claude Thiery – Angers, 29 octobre 2015

Zinit, 22 septembre 2015 – Carnet de notes de terrain (extrait)  

Bilmawen est un personnage mythique mi-animal mi-humain. Ses farouches assauts sèment la peur partout dans les douars des Seksawa mais crier sous ses coups assure la baraqua. Pour les femmes, cette journée est importante. Comme chaque année, elles sauront au milieu de ce tumulte mettre de l’ordre pour un monde meilleur. En ce jour des Bilmw, grâce aux femmes, n’y a-t-il pas la renaissance d’un monde amazigh nouveau ?

Au fil des jours qui précèdent l’Aïd, il y a de plus en plus de monde au douar, c’est le retour au bled ! Le retour dans la famille, comme le veut la tradition dans tout le Maroc. Partout sur les routes on voit passer des milliers de voitures, les bus sont pleins et dix fois plus nombreux que les jours ordinaires, plus un taxi ne peut prendre de passagers. Partout les prix des transports ont doublé, quadruplé. Sur la route et pistes des Seksawa, le trafic est aussi inhabituel, pick-up et 4X4 montent surchargés de personnes et de bagages ; et aussi de sourires et de chants. L’effervescence de l’Aïd multiplie les ornements tatoués au henné sur les mains des femmes et des jeunes filles que je croise dans les ruelles de Zinit. La grande fête arrive et ces « embellissements » sont à l’œuvre tant sur les corps que dans les têtes. (suite…)

Souad et Mina

Jean-Claude Thiery – Angers, 24 octobre 2015

Zinit, 23 septembre 2015 – Carnet de notes de terrain (extrait)

Zinit vue générale avril 2007

Mina est chez ses parents, dans la maison d’Aïcha, sa mère. Elle est venue avec sa fille Souad. Cet enfant qu’elle a eu en août 2014, me dit-elle. Souad est visiblement en bonne santé, elle capte l’attention de tout le monde. Souad passe de main en main, elle commence à marcher et tous s’amusent de la voir se maintenir en équilibre fragile. Ils l’encouragent. Elle impose sa volonté quand quelque chose ne lui convient pas, de sa voix aiguë elle crie sa désapprobation. Du matin jusqu’au soir, 23 heures, elle est parmi les gens de la maison, au milieu de l’agitation permanente de cette famille, en ce point semblable aux autres. Au cœur d’un clan qui ne compte pas moins d’une quinzaine de personnes sans parler des voisins qui viennent partager, à toute heure, mots et victuailles. À croire qu’elle est déjà bien initiée à bouger tout le temps et à se faire entendre. Ces comportements de marche balbutiant, de danse sur un battement de mains ou sur la musique de la télévision et autres aventures sont autant de ravissements que la famille encourage par des applaudissements. Quelques signes de fatigue se laissent voir parfois, mais finalement qu’importe ! L’ambiance cacophonique familiale prime sur tout. Tout juste deux/trois fois, Souad est allée dormir l’après-midi. Le soir, Mina me dit qu’elle aime qu’on l’endorme en lui chantant des chansons. (suite…)

Dans les larmes d’un sage

ou

Supplique pour l’unité retrouvée chez les Seksawa

Jean-Claude Thiery – Angers, 18 octobre 2015

 

Isolée dans une vallée montagneuse du Haut-Atlas marocain, la tribu des Seksawa n’est pas épargnée par l’évolution du Zinit depuis Tinewalinemonde. Ce sont des ruraux agriculteurs et éleveurs. Traditionnellement, leur subsistance est soumise aux productions locales, quelques parcelles de blé et d’orge, quelques jardins de légumes, quelques moutons et chèvres. Mais les aléas climatiques et l’appel consumériste du siècle passé perturbent sérieusement leur économie et ce n’est pas quelques gisements miniers qui inversent le processus. Comme beaucoup ailleurs, ils sont devenus des « migrants de l’intérieur ». Les hommes ont quitté les douars. Les femmes et les anciens sont devenus les gardiens d’une culture, riche et complexe. Les rites ne disparaissent pas avec la modernité, les Seksawa savent combien ils sont importants pour leur communauté.

Depuis quelques semaines les élections des conseillers à la Commune et la Province nourrissent des discussions houleuses dans les douars de Zinit et Tinewaline. Quelques hommes de Zinit ont été élus à cette fonction depuis les années 2000. Aussi allait-il de soi que le prochain candidat serait choisi parmi les héritiers de ces hommes d’expérience. Ceux de Zinit bien sûr ! clament les hommes-gardiens du sanctuaire de Lalla Aziza. Al Yazid du douar de Zinit sera-t-il celui-là ? L’âge venu, n’est-il pas celui qui mènera à bien la destinée de son douar ? Al Yazid en est persuadé. (suite…)

Chant de travail…. au pied du leu

avec Abdo, chanteur, compositeur et musicien du groupe ITRAN de Lalla Aziza

2965 Yennayer – 2015

Bonne et heureuse année à nos amis amazigh…

Je leur souhaite une année d’amitiés fraternelles et de paix. Je leur adresse tous mes voeux pour leurs activités vouées au maintien et à la diffusion de leur culture.

Voeux amazigh 2965

Merci aux amis Seksawa