Printemps dans les Seksawa

Mars 2009

L’hiver s’éloigne chaque jour un peu plus. La neige remonte vers des crêtes. La rivière semble aujourd’hui mieux franchissable malgré ses eaux toujours boueuses et tumultueuses. Tant d’eau tombée depuis des semaines ! Enfin! Voilà qui permet d’espérer de bonnes récoltes. Des jours meilleurs après ces années de sécheresse, si les caprices du temps à venir ne leur jouent pas des tours. Des visages croisés dans le village de Zenite près du marabout de Lalla Aziza. Les sourires plantés sur les visages parlent plus que des mots, ils disent bonheurs et peines, défis et fatigues, résignations et espoirs. Les enfants jouent, les hommes refont le pont pour franchir à nouveau la rivière, les femmes et les filles coupent inlassablement de l’herbe pour donner à manger à l’unique vache de la famille, les garçons se promènent au bord de la rivière les yeux visés sur les filles…

Le pain de Najette

Extrait de notes de terrain – 8 septembre 2008…

 

 

Dans chaque maison, il y a une pièce dans laquelle se trouvent le four et un braséro. Cette pièce est sombre, ses murs et plafond sont noircis par la fumée. Dans le four en forme de monticule de terre, il reste toujours des cendres de bois de la dernière cuisson. Plusieurs fois par jour les filles ou femmes de la maison s’y installent assises sur une pierre pour y faire cuire les pains et préparer les repas. Chez Loussen, c’est Rabbia ou Najette qui fait le pain, deux fois par jour. Najette est âgée de 15 ou 16 ans, elle est une belle et grande jeune fille, toujours élégante et souriante. Najette ne va plus à l’école depuis 2 ou 3 ans. Elle me dit qu’elle ne voulait pas poursuive d’études à Imin’tanoute, elle préférait rester dans sa famille et faire le pain. (Lire la suite…)

Publié dans:  on 4 novembre 2008 at 9:46 Laisser un commentaire
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De terre et de pierres

Extrait de notes de terrain, septembre 2008…

 

 

Chaque jour je vois les ânes remonter des outres emplies de sable ramassé dans le lit de la rivière. Celui-ci est utilisé pour l’entretien des maisons : un mur à consolider, un plafond-terrasse à réparer ou à refaire face aux dégradations du vieillissement ou aux conséquences des intempéries. On voit combien la rivière est importante, vitale pour l’eau indispensable et source du sable grossier résultant des apports du cours d’eau. La construction traditionnelle est de loin celle qui domine et façonne le paysage de Zenit et autres villages. Toutefois il y a eu depuis une dizaine d’années, l’apparition de maisons construites avec du ciment, des moellons et des fers à béton. Les propriétaires ont fait peindre les murs aux couleurs rose saumon du sud marocain. (Lire la suite…)

Au bord de l’asif Seksawa

Extraits de carnet de notes….

Asif à sec - Zinit septembre 2007        LA RIVIERE

La rivière Seksawa est au cœur de la vie du village Zinit, appelé aussi Lalla Aziza. Ici l’eau ( aman, en berbère du Sous marocain) est une des principales activités. Chaque jour, il faut remplir les réserves nécessaires à la cuisine et à la soif et de façon exceptionnelle au lavage du linge. Nous sommes le 25 août 2007, la rivière (asif) qui passe au pied du village est à sec, il faut en amont, marcher à un kilomètre environ, en empruntant le lit asséché de la rivière puis quelques chemins au milieu des figues de barbarie. Là-bas, l’eau coule encore, un peu, mais pour combien de temps ? Au début de mon séjour, l’eau était recueillie à la sortie d’une canalisation en terre (targa), mais très vite celle-ci ne coulait plus. Il fallut alors marcher plus loin… prendre l’eau dans un trou que mes informateurs m’affirment comme une bonne source, bien fraîche. Malheureusement 4 ou 5 jours plus tard, celle-ci ne coulait plus assez, alors la marche pour chercher l’eau sera désormais encore plus longue. Ce sont les enfants et les filles qui font cette activité. (Lire la suite…)