Fini le bled, l’été passe…

Septembre 2008

L’été s’achève. Le village se vide jour après jour. Les hommes et les jeunes en particulier se préparent à rejoindre leur travail dans une ville marocaine, Casablanca, Agadir, Marrakech,  Al Jadida… où ils ont un emploi et un petit revenu, un peu plus de 1000DH,  dont ils donneront une partie à la famille restée au douar de Zennite. Pour certains, il est difficile de se résoudre à quitter famille et amis. Encore un jour, un petit jour, un tout petit… je pars demain, si un pickup passe par là…. Encore quelques promenades à la rivière, quelques chants avec Rachid, Ismael, Lhocine, Moussa, Rahal… “Et puis c’est Ramadan bientôt, je serai loin de la famille… Aller je partirai après… Le patron comprendra”. Pour d’autres, quelques espoirs, ils reviendront pour la fête du sacrifice, en novembre prochain. “Ce sera bien, on va se déguiser de peaux de chèvres et jouer à se faire peur”.

Printemps dans les Seksawa

Mars 2009

L’hiver s’éloigne chaque jour un peu plus. La neige remonte vers des crêtes. La rivière semble aujourd’hui mieux franchissable malgré ses eaux toujours boueuses et tumultueuses. Tant d’eau tombée depuis des semaines ! Enfin! Voilà qui permet d’espérer de bonnes récoltes. Des jours meilleurs après ces années de sécheresse, si les caprices du temps à venir ne leur jouent pas des tours. Des visages croisés dans le village de Zenite près du marabout de Lalla Aziza. Les sourires plantés sur les visages parlent plus que des mots, ils disent bonheurs et peines, défis et fatigues, résignations et espoirs. Les enfants jouent, les hommes refont le pont pour franchir à nouveau la rivière, les femmes et les filles coupent inlassablement de l’herbe pour donner à manger à l’unique vache de la famille, les garçons se promènent au bord de la rivière les yeux visés sur les filles…

Races et Cultures

Pierre Bourdieu rappelle combien Lévi Strauss apporte une pensée nouvelle sur la diversité des cultures. Cette contribution ne cesse d’être actuelle.

Publié dans:  on 13 décembre 2008 at 9:14 Laisser un commentaire
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Lévi Strauss et le voyage

À l’occasion du centenaire de la naissance de Claude LÉVI-STRAUSS, les hommages et les évènements publics en son honneur se sont multipliés. Souvent, la première phrase de Tristes Tropiques [1] est revenue comme un leitmotiv: elle colle à la peau de son auteur au point parfois de l’en rendre prisonnier. “Je hais les voyages et les explorateurs“? Qu’a-t-il voulu dire?
Dans l’interview ci-dessus, accordée en 1991 au regretté Bernard RAPP, Claude Lévi-Strauss revient sur cette fameuse première phrase de Triste Tropiques:
“Pour l’ethnologue, le voyage n’est pas un but: c’est un moyen, un moyen indispensable, et ce qui compte, ce n’est pas du tout le côté touristique mais ce que nous rapportons de connaissances et d’informations”.
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[1] LÉVI-STRAUSS Claude. Tristes tropiques, Paris, Plon, 1955, 504 pages.