Ahwach sous les itrens

Dans une vallée du Haut-Atlas marocain où je me rends régulièrement, les habitants berbères accordent une grande importance à la danse. Ils se réunissent le soir en un endroit du village. Les hommes préparent la peau de leur tambourin, d’autres se parent de leur plus belle djellaba. Les battements des instruments commencent, le chanteur lance de sa voix puissante les premiers mots d’une poésie improvisée. Les hommes se réunissent et voilà… la danse démarre pour de longues heures. Les femmes arrivent et s’assoient à l’écart, au chaud au creux d’une couverture. Les yeux pétillent de joie, le bonheur est là, sous les étoiles. Mais ce soir, c’est différent! Les jeunes ont voulu montrer une version “électrifiée” de ce qu’ils font très souvent plus artisanalement.

Ce soir, le village entier vibre aux sons des tambourins, des tirkakawines et du ribeb. Les hommes entrent dans le cercle pour une démonstration de leur agilité et d’une gestuelle masculine pleine de grâce. Le spectacle est beau, les djellabas ondulent au rythme de la musique. Le village est à l’unisson. Merci à vous, Mohamed et Moulay. Merci à toi Hicham, Brick. Merci à tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Imin’tanoute & Seksawa : échanges et dépendance

Extrait de notes de terrain, septembre 2008…

En montant à Zenit, nous avons essuyé quelques averses, rien 3 gouttes, de quoi moucheter les tissus de nos vêtements. Dans le pickup, une dizaine d’hommes, jeunes et anciens, et 4 femmes âgées. L’une d’elle est malade. La route lui tourne la tête. Faut dire qu’elles sont toujours assises au fond des camionnettes, sur un sac de farine ou autres céréales, sur une caisse de carton, sur une bonbonne de gaz ou encore sur la roue de secours. Une position où elles ne voient pas la route, ce qui les rend malade bien sûr, contrairement aux hommes qui sont debout, amarrés aux bords du véhicule, l’autre main accrochée au voisin quand le pickup tangue un peu trop. Dans le pickup, les gens discutent et rient, mais je remarque que les femmes sont silencieuses. Le vent est fort et chacune avec la main, maintient un foulard qui lui cache une partie du visage, surtout la bouche. (Lire la suite…)

Une journée à Lalla Aziza

Extraits de carnet de notes…

Lors de ce 3ème séjour en février 2008, il n’y a pas eu de fêtes ou de rassemblements particuliers. Le village coulait des jours « ordinaires ». Le matin les filles et les femmes allaient faire leurs activités vers la rivière. Les enfants allaient à l’école, quelques hommes travaillaient à des travaux sur les maisons, les ruelles ou passages. D’autres hommes allaient ici ou là, voir ce que les voisins faisaient. Ils observaient et discutaient, debout ou assis. D’autres encore ne sont pas là, ils sont partis à pied ou par un pick-up vers Aït Moussa, ou bien Imin’tanout.  Sans doute ont-ils quelques courses, démarches administratives ou tout simplement envie de bouger. Souvent ceux qui descendent à Imin’tanout le font pour 2 ou 3 jours. La vie du village est bien calme. (Lire la suite…)

Le choix de l’épouse…

Extraits de carnet de notes…

 

… Comme lors de mon passage précédent, j’ai observé le rituel des rencontres entre les garçons et les filles au niveau de la rivière, à partir de 17h. Il y a une véritable excitation de part et d’autre. Les garçons regardent avec les yeux qui pétillent les filles qui se déplacent sur le bord de l’asif, ramassant le bois ou coupant de l’herbe, tout en se maintenant à distance. Puis, quelques garçons plus osés s’approchent d’une jeune fille et poursuivent leur chemin de retour vers le village en conversant côte à côte sans réduire la distance. C’est une ballade aux airs romantiques qui peut durer une demi-heure. Jamais ils ne s’isolent vraiment, tout au plus quelques couples se forment à 50 mètres de distance sur le chemin bien tracé de l’asif. Ce jeu quotidien n’est pas une simple activité ludique qui fait rire tout le monde. Il se passe ici une mise en scène sociale dont l’enjeu est majeur. (Lire la suite…)

Au bord de l’asif Seksawa

Extraits de carnet de notes….

Asif à sec - Zinit septembre 2007        LA RIVIERE

La rivière Seksawa est au cœur de la vie du village Zinit, appelé aussi Lalla Aziza. Ici l’eau ( aman, en berbère du Sous marocain) est une des principales activités. Chaque jour, il faut remplir les réserves nécessaires à la cuisine et à la soif et de façon exceptionnelle au lavage du linge. Nous sommes le 25 août 2007, la rivière (asif) qui passe au pied du village est à sec, il faut en amont, marcher à un kilomètre environ, en empruntant le lit asséché de la rivière puis quelques chemins au milieu des figues de barbarie. Là-bas, l’eau coule encore, un peu, mais pour combien de temps ? Au début de mon séjour, l’eau était recueillie à la sortie d’une canalisation en terre (targa), mais très vite celle-ci ne coulait plus. Il fallut alors marcher plus loin… prendre l’eau dans un trou que mes informateurs m’affirment comme une bonne source, bien fraîche. Malheureusement 4 ou 5 jours plus tard, celle-ci ne coulait plus assez, alors la marche pour chercher l’eau sera désormais encore plus longue. Ce sont les enfants et les filles qui font cette activité. (Lire la suite…)