LEVI-STRAUSS et les mythes

Langue berbère : Peuples et nature

Quelques données de base

Le nom «berbère» est un terme de mépris et d’ignorance donné par les Romains. Les Berbères se nomment les Imazighen (Hommes Libres). Le nom «Berbère» vient de «Barbarius» (du Grec «Barbaroï» = Celui dont on ne comprend pas la langue). Chaque civilisation qui envahit le territoire berbère méprisa ce peuple. Parmi ces civilisations, on peut citer : les Phéniciens, les Romains, les Vandales, les Byzantins, les Arabes, les Turcs et les Français plus récemment.

 

Le Tamazight (nom berbère de la langue) couvre une aire géographique immense : de l’Afrique du Nord au Sahara-Sahel. On la rencontre principalement au Maroc, en Algérie, au Niger et au Mali (pour la variété touareg).

Langue partout minoritaire, le berbère sest maintenu dans des zones refuges, surtout rurales et montagneuses. (Lire la suite…)

Fini le bled, l’été passe…

Septembre 2008

L’été s’achève. Le village se vide jour après jour. Les hommes et les jeunes en particulier se préparent à rejoindre leur travail dans une ville marocaine, Casablanca, Agadir, Marrakech,  Al Jadida… où ils ont un emploi et un petit revenu, un peu plus de 1000DH,  dont ils donneront une partie à la famille restée au douar de Zennite. Pour certains, il est difficile de se résoudre à quitter famille et amis. Encore un jour, un petit jour, un tout petit… je pars demain, si un pickup passe par là…. Encore quelques promenades à la rivière, quelques chants avec Rachid, Ismael, Lhocine, Moussa, Rahal… “Et puis c’est Ramadan bientôt, je serai loin de la famille… Aller je partirai après… Le patron comprendra”. Pour d’autres, quelques espoirs, ils reviendront pour la fête du sacrifice, en novembre prochain. “Ce sera bien, on va se déguiser de peaux de chèvres et jouer à se faire peur”.

Printemps dans les Seksawa

Mars 2009

L’hiver s’éloigne chaque jour un peu plus. La neige remonte vers des crêtes. La rivière semble aujourd’hui mieux franchissable malgré ses eaux toujours boueuses et tumultueuses. Tant d’eau tombée depuis des semaines ! Enfin! Voilà qui permet d’espérer de bonnes récoltes. Des jours meilleurs après ces années de sécheresse, si les caprices du temps à venir ne leur jouent pas des tours. Des visages croisés dans le village de Zenite près du marabout de Lalla Aziza. Les sourires plantés sur les visages parlent plus que des mots, ils disent bonheurs et peines, défis et fatigues, résignations et espoirs. Les enfants jouent, les hommes refont le pont pour franchir à nouveau la rivière, les femmes et les filles coupent inlassablement de l’herbe pour donner à manger à l’unique vache de la famille, les garçons se promènent au bord de la rivière les yeux visés sur les filles…

Ahwach sous les itrens

Dans une vallée du Haut-Atlas marocain où je me rends régulièrement, les habitants berbères accordent une grande importance à la danse. Ils se réunissent le soir en un endroit du village. Les hommes préparent la peau de leur tambourin, d’autres se parent de leur plus belle djellaba. Les battements des instruments commencent, le chanteur lance de sa voix puissante les premiers mots d’une poésie improvisée. Les hommes se réunissent et voilà… la danse démarre pour de longues heures. Les femmes arrivent et s’assoient à l’écart, au chaud au creux d’une couverture. Les yeux pétillent de joie, le bonheur est là, sous les étoiles. Mais ce soir, c’est différent! Les jeunes ont voulu montrer une version “électrifiée” de ce qu’ils font très souvent plus artisanalement.

Ce soir, le village entier vibre aux sons des tambourins, des tirkakawines et du ribeb. Les hommes entrent dans le cercle pour une démonstration de leur agilité et d’une gestuelle masculine pleine de grâce. Le spectacle est beau, les djellabas ondulent au rythme de la musique. Le village est à l’unisson. Merci à vous, Mohamed et Moulay. Merci à toi Hicham, Brick. Merci à tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Races et Cultures

Pierre Bourdieu rappelle combien Lévi Strauss apporte une pensée nouvelle sur la diversité des cultures. Cette contribution ne cesse d’être actuelle.

Publié dans:  on 13 décembre 2008 at 9:14 Laisser un commentaire
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Lévi Strauss et le voyage

À l’occasion du centenaire de la naissance de Claude LÉVI-STRAUSS, les hommages et les évènements publics en son honneur se sont multipliés. Souvent, la première phrase de Tristes Tropiques [1] est revenue comme un leitmotiv: elle colle à la peau de son auteur au point parfois de l’en rendre prisonnier. “Je hais les voyages et les explorateurs“? Qu’a-t-il voulu dire?
Dans l’interview ci-dessus, accordée en 1991 au regretté Bernard RAPP, Claude Lévi-Strauss revient sur cette fameuse première phrase de Triste Tropiques:
“Pour l’ethnologue, le voyage n’est pas un but: c’est un moyen, un moyen indispensable, et ce qui compte, ce n’est pas du tout le côté touristique mais ce que nous rapportons de connaissances et d’informations”.
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[1] LÉVI-STRAUSS Claude. Tristes tropiques, Paris, Plon, 1955, 504 pages.

La remue des génisses

Extrait “Carnet de notes de terrain” – été 2003

 

Il est 6 heures du matin, Florimond et Jean-René Gachet se rendent en voiture à Galman, ils s’arrêtent au départ du chemin de Bouchet, Jonathan vient les aider. Aujourd’hui il va falloir transférer le troupeau de génisses (de jeunes vaches qui n’ont jamais eu de veau, elles ont souvent moins de 2 ans). Ce changement de lieu s’explique car dans l’alpage de  Bouchet il n’y a plus assez d’herbe. Le troupeau va être conduit dans une montagne plus-haut, à 2000 mètres. Pour cela il va falloir à marcher quelques heures, par des chemins en travers de la montagne. Le jour de la remue est un « grand jour ». Les gens d’ici définissent la remue comme l’activité consistant à changer de lieu, de pâturage et de chalet, car en effet le troupeau n’a plus d’herbe à manger. La remue est un transfert « global », à dos d’homme et/ou sur un animal de bât: des animaux mais également du berger et de sa famille et donc du matériel pour s’occuper des bêtes et faire les repas. (Lire la suite…)

Publié dans:  on 7 décembre 2008 at 1:57 Laisser un commentaire
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A la Turne

Extrait de carnet d’observation… juillet 2003

 

 

Depuis le chalet de Plan Dumier, nous montons par le chemin de la foret jusqu’à Plan Villard, à environ 30 minutes. Nous nous rendons chez Jacques Perrier, il y est en alpage dans son chalet dénommé La Turne. A 1600 mètres d’altitude, l’herbe est bonne et abondante. La propriété des Perrier est sur les pentes face au Grand Mont, à l’adret. Ce sont des prés très pentues. Le troupeau y est bien mais il est difficile de s’y tenir debout. A cinq minutes du chalet, nous entendons la voix de Jacques, il est plus bas, en champ. Il appelle ses vaches pour qu’elles aillent manger une partie précise du nouveau parc qu’il vient de leur faire. Mais voilà, le temps menace et elles ne veulent pas s’en aller du dessous les arbres où elles s’abritent.

Nous approchons de la Turne et apercevons Thérèse, (Lire la suite…)

Imin’tanoute & Seksawa : échanges et dépendance

Extrait de notes de terrain, septembre 2008…

En montant à Zenit, nous avons essuyé quelques averses, rien 3 gouttes, de quoi moucheter les tissus de nos vêtements. Dans le pickup, une dizaine d’hommes, jeunes et anciens, et 4 femmes âgées. L’une d’elle est malade. La route lui tourne la tête. Faut dire qu’elles sont toujours assises au fond des camionnettes, sur un sac de farine ou autres céréales, sur une caisse de carton, sur une bonbonne de gaz ou encore sur la roue de secours. Une position où elles ne voient pas la route, ce qui les rend malade bien sûr, contrairement aux hommes qui sont debout, amarrés aux bords du véhicule, l’autre main accrochée au voisin quand le pickup tangue un peu trop. Dans le pickup, les gens discutent et rient, mais je remarque que les femmes sont silencieuses. Le vent est fort et chacune avec la main, maintient un foulard qui lui cache une partie du visage, surtout la bouche. (Lire la suite…)