Il m’avait déjà été donné d’assister à cette journée des Bilmawen, en 2009. J’avais été impressionné par le jeu auquel se prêtent ces créatures mi-humaine-mi-animal, toute cette journée suivant l’Aïd. Ces bilmawen sèment l’effroi dans tout le douar, ils sont craints et convoités car leurs coups de sabots apportent le bonheur, c’est du moins ce que dit la croyance… Cette année, mon observation a porté sur leurs complices, que les amazighen appellent Tamachoute et sur la femme de Bilmawen appelée Téaza. Ces complices jouent la comédie, improvisent un théâtre de rue dans lequel ils se moquent des petits travers de personnages emblématiques: la femme de Bilmo, les vieux, les mendiants, les juifs, les commerçants ambulants, les européens… Ce jeu de caricature fait beaucoup rire les habitants du douar, sans doute reconnaissent-ils, dans ces scènes, des portraits qu’ils connaissent trop. Ces personnages sont moqués car ils représentent tout ce qu’ils ne sont pas eux-mêmes, Amazigh. Ils dessinent là l’identité qui est la leur, avertissant leurs frères et soeurs de ce qu’il convient d’écarter…
Vidéo 1 : http://youtu.be/vdAFs2p3ctc
Vidéo 2 : ttp://youtu.be/3YRT37wZ5e4