Dimanche 29 novembre 2009 – Le jour qui suit l’Aïd est le début de plusieurs journées appelées « Bilmawen ». Dans la vallée des Seksawa située sur les contreforts occidentaux du Haut-Atlas marocain, la fête Bilmawen du douar de Zenite dure une journée. L’excitation visible dans les jours qui précèdent me fait dire que tous attendent ce moment, les enfants en particulier mais aussi les femmes. Dans une maison, à l’abri des regards, dès 8 heures du matin, une dizaine d’hommes âgés de 25-30 ans se retrouvent. Ils vont se parer entièrement de peaux de chèvre avec leurs pattes et sabots. Plus aucune partie de leur corps ne restera visible. Il leur faudra au moins deux heures pour se préparer. Pour cela ils prennent des peaux de chèvres noires qu’ils assemblent au moyen d’une grosse aiguille de métal et de ficelle. L’un des jeunes hommes est le spécialiste de ce travail. Petit à petit les jambes, les bras, le torse, la tête sont recouverts. (Lire la suite…)
Les migrants, une manne pour le développement ?
Rédaction : DIC – Gaëlle Courcoux
À pied, en camion, en bateau, en avion… près de 200 millions de personnes, soit 3 % de la population mondiale, sont partis tenter leur chance à l’étranger. Un chiffre en constante augmentation, au rythme de la mondialisation et de la crise économique : en 25 ans, le nombre de migrants dans le monde a doublé. Fuir les conflits, soif d’une vie meilleure… près des trois quarts des candidats à l’exil viennent des pays du Sud. Combien, parmi eux, rentreront un jour au pays de leurs aïeux ? Le projet de retour définitif, un mythe pour les migrants de tous horizons, est en effet constamment différé et se matérialise rarement.
C’est ce que constatent les chercheurs du CEPED (IRD, Université Paris Descartes, Ined) et leurs partenaires(1). À travers une réflexion pluridisciplinaire, ils ont étudié comment s’articulent migrations internationales, retours au pays d’origine et développement. (Lire la suite…)
L’heure des choix responsables …
Extrait Journal Le Monde – 8 août 2009
En Savoie, la préservation de la montagne se heurte à la logique économique, Le Monde, 08/08/09
Nathalie Grynszpan
Elus et chercheurs se querellent à propos d’un projet de liaison par téléphérique et de la neige de culture
Le projet est emblématique de la course sans fin a l’aménagement de la montagne : la liaison entre Bonneval-sur-Arc, site classe, et Val-d’Isere (Savoie), qui passerait dans le périmètre du cœur du parc national de la Vanoise, évoquée depuis des décennies, est a nouveau d’actualité. La Société des téléphériques de Val-d’Isere étudie le dossier depuis plusieurs mois. En 1994, une précédente tentative avait suscite une telle mobilisation des associations de protection de la nature que le ministre de l’environnement de l’époque, Michel Barnier, avait préfère refermer le dossier.
Michel Bouvard, députe UMP de Savoie, soutient le projet, mais a saisi le ministère de l’écologie. « Ce que j’espère, avance-t-il, c’est qu’aujourd’hui on comprenne (Lire la suite…)
Langue berbère : Peuples et nature
Quelques données de base
Le nom «berbère» est un terme de mépris et d’ignorance donné par les Romains. Les Berbères se nomment les Imazighen (Hommes Libres). Le nom «Berbère» vient de «Barbarius» (du Grec «Barbaroï» = Celui dont on ne comprend pas la langue). Chaque civilisation qui envahit le territoire berbère méprisa ce peuple. Parmi ces civilisations, on peut citer : les Phéniciens, les Romains, les Vandales, les Byzantins, les Arabes, les Turcs et les Français plus récemment.
Le Tamazight (nom berbère de la langue) couvre une aire géographique immense : de l’Afrique du Nord au Sahara-Sahel. On la rencontre principalement au Maroc, en Algérie, au Niger et au Mali (pour la variété touareg).
Langue partout minoritaire, le berbère s’est maintenu dans des zones refuges, surtout rurales et montagneuses. (Lire la suite…)
Fini le bled, l’été passe…
L’été s’achève. Le village se vide jour après jour. Les hommes et les jeunes en particulier se préparent à rejoindre leur travail dans une ville marocaine, Casablanca, Agadir, Marrakech, Al Jadida… où ils ont un emploi et un petit revenu, un peu plus de 1000DH, dont ils donneront une partie à la famille restée au douar de Zennite. Pour certains, il est difficile de se résoudre à quitter famille et amis. Encore un jour, un petit jour, un tout petit… je pars demain, si un pickup passe par là…. Encore quelques promenades à la rivière, quelques chants avec Rachid, Ismael, Lhocine, Moussa, Rahal… « Et puis c’est Ramadan bientôt, je serai loin de la famille… Aller je partirai après… Le patron comprendra ». Pour d’autres, quelques espoirs, ils reviendront pour la fête du sacrifice, en novembre prochain. « Ce sera bien, on va se déguiser de peaux de chèvres et jouer à se faire peur ».
Printemps dans les Seksawa
Mars 2009
L’hiver s’éloigne chaque jour un peu plus. La neige remonte vers des crêtes. La rivière semble aujourd’hui mieux franchissable malgré ses eaux toujours boueuses et tumultueuses. Tant d’eau tombée depuis des semaines ! Enfin! Voilà qui permet d’espérer de bonnes récoltes. Des jours meilleurs après ces années de sécheresse, si les caprices du temps à venir ne leur jouent pas des tours. Des visages croisés dans le village de Zenite près du marabout de Lalla Aziza. Les sourires plantés sur les visages parlent plus que des mots, ils disent bonheurs et peines, défis et fatigues, résignations et espoirs. Les enfants jouent, les hommes refont le pont pour franchir à nouveau la rivière, les femmes et les filles coupent inlassablement de l’herbe pour donner à manger à l’unique vache de la famille, les garçons se promènent au bord de la rivière les yeux visés sur les filles…
Vers d’autres ans… 2010
Le temps dessine sur les paysages, sur les corps et sur les communautés humaines les arabesques de la culture.
Inlassablement le temps repart à zéro. Une renaissance en quelque sorte… les rituels de la vie vont se succéder comme autant de jalons pour inscrire l’Homme dans un cycle qui le rassure autant qu’Il le redoute. La vie est ainsi faite de creux et de reliefs, de lassitudes, d’oublis ou de blessures. La vie reprend son cours. Pour certains la terre appelle les semailles qui ne sauraient tarder, pour d’autres la lune reprend sa course et entraine avec elle les voix protectrices ou inquiètantes des divinités.
Voici l’instant de clamer Bonne année !

Ahwach sous les itrens
Dans une vallée du Haut-Atlas marocain où je me rends régulièrement, les habitants berbères accordent une grande importance à la danse. Ils se réunissent le soir en un endroit du village. Les hommes préparent la peau de leur tambourin, d’autres se parent de leur plus belle djellaba. Les battements des instruments commencent, le chanteur lance de sa voix puissante les premiers mots d’une poésie improvisée. Les hommes se réunissent et voilà… la danse démarre pour de longues heures. Les femmes arrivent et s’assoient à l’écart, au chaud au creux d’une couverture. Les yeux pétillent de joie, le bonheur est là, sous les étoiles. Mais ce soir, c’est différent! Les jeunes ont voulu montrer une version « électrifiée » de ce qu’ils font très souvent plus artisanalement.
Ce soir, le village entier vibre aux sons des tambourins, des tirkakawines et du ribeb. Les hommes entrent dans le cercle pour une démonstration de leur agilité et d’une gestuelle masculine pleine de grâce. Le spectacle est beau, les djellabas ondulent au rythme de la musique. Le village est à l’unisson. Merci à vous, Mohamed et Moulay. Merci à toi Hicham, Brick. Merci à tous.
Races et Cultures
Pierre Bourdieu rappelle combien Lévi Strauss apporte une pensée nouvelle sur la diversité des cultures. Cette contribution ne cesse d’être actuelle.


